Etat civil en R.D. du Congo
une problématique lourde, un vaste programme de régularisation.
La République démocratique du Congo est l'un des rares pays du monde incapable de préciser le nombre exact de sa population. Les chiffres avancés par l'administration varient de 45 à 60 millions d'habitants, mais ils ne correspondent qu'à une vague estimation.
En effet, une grande partie des archives de l'état civil ont été détruites par les exactions des guerres civiles émaillant l’histoire du pays depuis son indépendance en 1960. De plus, en raison du manque d'information de la population, le phénomène des naissances non déclarées va en s'aggravant. Dans certaines provinces, le pourcentage d'enfants âgés de moins de 10 ans non inscrits sur les registres d'état civil atteindrait jusqu'à 90 %.
Cette situation constitue un réel frein au développement et favorise la violation des droits de l’homme. A titre d’exemple, une personne spoliée de ses biens, une jeune fille violée par un hors-la-loi dans les zones de conflits ne peuvent pas porter plainte parce que, faute de carte d’identité, ils n’ont aucune existence officielle.
L'absence de papiers empêche l'accès aux soins médicaux, le recours en justice, l'inscription à l’école, l'obtention du permis de conduire, l'établissement d'un acte de propriété ou de l'héritage parental, la légalisation d'un mariage...
Elle favorise par contre l’enrôlement par contrainte dans les milices et les bandes armées, le travail forcé et le trafic d'enfants, pour ne citer que cela.
Aux côtés du CACUDEKI, SOS Enfant s'est engagé en 2004 dans un programme d'état civil incluant plusieurs volets et visant à la régularisation massive des inscriptions à l'état civil ainsi qu'à la sensibilisation de la population du Nord Kivu sur l'importance des déclarations de naissance.
Objectifs du programme :
- Contribuer à mettre un terme à l’apatridie dont sont frappées un grand nombre de personnes du fait de la guerre et du désordre caractéristique de la R.D. du Congo.
- Prévenir le désordre qui naîtrait des revendications de la nationalité congolaise.
- Faire prendre conscience aux responsables politiques et administratifs des problèmes résultant de l'absence de nationalité et donc de l’importance d'une réorganisation du service de l’état civil.
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