Afin de rentabiliser les arbres abattus puis abandonnés sur place lors du défrichage des terres consacrées au palmier à huile et au quinquina, le programme d'agroforesterie inclut la vulgarisation de la technique des fours de carbonisation et la mise en place d'activités de production de braises et de scierie au sein de six groupements villageois partenaires, communément appelées Organisations de Base ou OB, dans la région des Basses Terres.

Construit tout simplement à base de terre et de bois, le four de carbonisation n'a d'autre prix de revient que celui de la main d'oeuvre.
Il est de forme cubique, comme indiqué sur le schéma ci-contre. Une fois les morceaux de bois arrangés dans le four, on allume le feu. Quand le bois commence à brûler, on couvre le four avec de la terre en ménageant quelques trous sur le dessus pour laisser passer la fumée.
La production de la braise est favorisée par la combustion à très faible quantité d’oxygène.
Un modèle de four de carbonisation ainsi qu'un atelier de scierie sont implantés dans chacune des OB partenaires.
Deux personnes de chaque groupement ont bénéficié d'une formation technique, l'une à la fabrication des fours et à la carbonisation de braises, l'autre au débitage des grumes et au sciage des planches au moyen d'une scie en long.
La production de braises et de planches des six groupements est stockée dans trois entrepôts et commercialisée de manière communautaire par le biais de points de vente répartis dans les zones les plus déboisées de la région.
Génératrice de revenus pour toute la population, rentabilisant du bois abattu et inutilement sacrifié, cette activité de production de braises et de planches a en plus le grand mérite d'alléger considérablement la tâche des femmes et des jeunes filles en réduisant de moitié le temps passé à la collecte et au transport sur leur dos du bois de cuisson.
Ce gain de temps leur permet de se consacrer à d’autres activités telles que l’alphabétisation et la formation de base, essentielles pour la communauté car le taux d’analphabétisme élevé chez les femmes est un des grands obstacles au développement, comme l'ont prouvé les élections du 30 juillet 2006.