Rapport MEDICAP décembre 2006
Gérard Fayette - Fidolin ANDRIANASOLO

action de santé action Médicap dans les prisons malgaches
Les actions entreprises
dans les prisons du Sud-Est de Madagascar
juillet 2006 à décembre 2006


Le deuxième semestre 2006 a été riche en bonnes réalisations pour MEDICAP et nous tenons d’emblée à remercier tous ceux et toutes celles, qui d’une manière ou d’une autre, ont soutenu notre action et permis de faire bouger, modestement certes, les choses.
Programme MEDICAP dans les prisons malgaches
Citons, avant d’en parler plus loin en détails : l’opération Zébus, le démarrage des Comités de Soutien, la contribution bénévole de l’infirmière Liliane Bonnet, le tout bénéficiant indirectement des efforts entrepris par le gouvernement malgache pour remédier à la situation de famine et de surpopulation des prisons.

Nous avons aussi pu remplacer notre vieux Toyota, trop fatigué et qui commençait à nous coûter trop cher par un Nissan, jeune de moins de deux ans, 30 000 km, vendu par l’Union Européenne à un prix exceptionnel et financé par La Voix de l’Enfant, partenaire indéfectible de MEDICAP que nous remercions.



réinsertion sociale et professionnelle Opération « Zébus »

L’idée était de pouvoir offrir deux « vrais » repas pour Noël et Jour de l’An à tous les prisonniers des maisons centrales dont MEDICAP s’occupe, un vrai repas signifiant de la viande, denrée oubliée du menu des prisonniers, en l’occurrence du zébu, accompagné bien sûr de riz. Au-delà de ce cadeau, ce fut aussi un moyen de réaffirmer la nécessité de ne pas oublier les plus oubliés de la société en ces moments particuliers de l’année. Programme MEDICAP dans les prisons malgaches

Elle s’est réalisée au-delà de toutes nos espérances puisque les sommes reçues ont permis de financer le coût de 23 zébus et de riz nécessaires pour un équivalent de 4 340 € alors que les sommes collectées ont été supérieures à 9 000 €. L’excédent naturellement sera utilisé pour un autre projet d’amélioration des conditions carcérales.

La mise en œuvre, sur place, a été faite sous le contrôle et la coopération des Congrégations des Sœurs, épaulées par des bénévoles, amis de MEDICAP. Nous leur sommes vivement reconnaissants d’avoir accepté cette responsabilité et d’avoir permis à tous les détenus, les gardes pénitentiaires et les membres des Comités, lorsqu’ils existent, de célébrer ces deux fêtes mémorables. De même, nous tenons à remercier tous les généreux donateurs, malgaches et français qui ont permis le succès de cette opération.

La presse s’est faite l’écho de cette opération et les comptes rendus sont enthousiastes.



Perspectives d'avenir Infirmerie de la prison de Tamatave


Nous avons eu le plaisir de bénéficier au dernier trimestre 2006 de l’aide de Liliane BONNET, infirmière expérimentée et amie de MEDICAP venue passer deux mois bénévolement à la prison de Tamatave. Elle a effectué un remarquable travail de formation et d’organisation du personnel infirmier qui pourrait à terme permettre de déboucher sur un programme consistant et permanent d’aide à la formation des infirmiers dans toutes les autres prisons. Nous vous livrons ci-après un extrait de son rapport, dont l’intégralité, fort intéressante, est jointe au présent document.
Programme MEDICAP dans les prisons malgaches
« Au quotidien à Tamatave, j’apporte mon aide aux infirmières de la Maison Centrale – Céline, Misca et Chrétienne – dans l’organisation de leur travail :
  • Planning quotidien
  • Mise en place d’une permanence le week-end
  • Elaboration d’un agenda pour planifier les soins à venir et consigner les incidents et accidents journaliers
  • Mise en place d’un document individuel ou sera consigné l’historique médical du séjour (maladies, traitements, poids…) et remis au détenu lors de sa libération ; ce carnet permettrait de comptabiliser les médicaments distribués
  • Reprise en main par les infirmières des pansements assurés jusque là par un détenu (merci Papa Martin !)
  • Prise de conscience de la rigueur à apporter à la mesure du BMI (consigne de l’évolution du poids des détenus) pour démasquer les risques vitaux de la malnutrition. Environ 15% ont atteint le seuil de cachexie
  • Responsabilisation de leur rôle nutritionnel
  • Mobilisation pour la surveillance de l’état de santé des détenus du camp pénal de Fanandrana à 20 km de Tamatave.



réinsertion sociale et professionnelle Comités de Soutien aux Prisonniers

L’idée fondatrice du projet est de responsabiliser et de faire participer les populations aux efforts d’amélioration des conditions de détention. Ce projet a été présenté en octobre au Ministère de la Justice et de l’Administration Pénitentiaire et MEDICAP a reçu du gouvernement malgache l’accord pour mettre en place les Comités dans les localités des huit prisons de son champ d’action.

Une Charte a été élaborée pour fixer et harmoniser les règles de fonctionnement. Elle a été aussi traduite en malgache et est à disposition sur simple demande. Nous citons ci-après la définition générale : Programme MEDICAP dans les prisons malgaches

« Le Comité de Soutien aux Prisonniers est un groupe de personnes physiques ou morales, sensibles aux difficultés de la vie carcérale à Madagascar qui ont décidé d’unir leurs efforts dans le but de promouvoir dans ces espaces de rétention, le respect de la Dignité Humaine et des Droits de l’Homme. Ce comité, laïc et apolitique, agit en parallèle et de façon complémentaire aux diverses commissions et comités étatiques pour toutes les questions d’ordre pénitentiaire. Il agit en toute indépendance dans ses activités de bienfaisance.
Il ne peut exister qu’un comité de soutien aux prisonniers par établissement pénitentiaire. »


La mise en place des comités de soutien est effective puisque les deux premiers comités ont pu naître à Mananjary et à Vatomandry. Les autres comités devraient suivre grâce à l’impulsion de Jean-Claude Rakoto, qui a rejoint notre équipe en septembre et que nous remercions de son implication.



Assainissement des conditions de détention Action au niveau de la santé


Programme MEDICAP dans les prisons malgaches La santé et l’alimentation constituent toujours les 2 problèmes principaux du monde carcéral malgache. Néanmoins, grâce aux actions de MEDICAP avec ses deux médecins présents sur le terrain conjugués aux efforts de l’Administration Pénitentiaire et aux interventions des organisations caritatives, on peut constater une baisse des décès sans néanmoins que la malnutrition recule de manière significative.

A l’initiative du gouvernement ont été également mis en place, dans certains camps pénaux, des programmes baptisés R.R.I (Initiative à Résultats Rapides) qui devraient permettre à terme de parvenir à l’autosuffisance alimentaire de toutes les prisons de Madagascar.

Pour obtenir des résultats probants, la mise en place de ces programmes exige la formation des détenus à diverses techniques agricoles telles que la culture maraîchère, la riziculture, la pisciculture, etc. C’est probablement un nouveau champ d’action qui se dessine pour MEDICAP. Programme MEDICAP dans les prisons malgaches

Malnutrition : Nous continuons la distribution d'extraits foliaires de luzerne aux détenus malnutris (Body Mass Index inférieur à 18.5), le problème étant, comme nous le rappelons régulièrement que les effets positifs de ces compléments alimentaires ne peuvent jouer que dans la mesure où les détenus concernés bénéficient d’une ration alimentaire journalière de 500 g/jour.

Nombre de détenus supplémentés en extraits foliaires de luzerne par prison :

 EffectifBMI %
Moramanga
Ambatondrazaka
Tamatave
Vatomandry
Mananjary
Manakara
Farafangana
Fort-Dauphin
264
853
863
215
309
326
558
330
74
65
142
55
39
90
49
56
28,03
7,62
16,45
25,58
12,62
27,61
8,78
16,97
TOTAL371857015,33

Afin de trouver des solutions de remplacement à ces EFL qui ne sont pas produits à Madagascar, nous créerons prochainement un premier atelier de production de spiruline et nous essaierons de former des détenus capables d’en assurer le fonctionnement.

Extractions dentaires : Le Docteur Elia étant maintenant formé aux extractions dentaires, il peut effectuer ces interventions, sans recourir au Docteur Fidolin.



réinsertion sociale et professionnelle Assainissement des conditions de détention


Programme MEDICAP dans les prisons malgaches
Dans le cadre des réhabilitations déjà effectuées, MEDICAP s’attache à maintenir en bon état le fonctionnement de ce qui a été mis en place, ce qui constitue une tâche lourde et des suivis permanents.

A cet effet, le Comité de Soutien aux Prisonniers (C.S.P.) de Mananjary a pu faire remplacer les robinets défectueux des bornes fontaine du bloc sanitaire, supprimer les fuites d’eau dues à des canalisations endommagées, chauler les murs des dortoirs de la prison.

A Manakara, nous avons demandé à un ingénieur sur place d’effectuer des visites périodiques régulières pour s’assurer que tous le problèmes d’adduction d’eau et d’évacuation rencontrés dans cette prison soient solutionnés.

L’entreprise Bosco qui avait effectué la mise en place des douches, des toilettes et des fosses septiques a été sollicitée afin qu’elle remédie aux problèmes d’obstruction et de bouchage des canalisations. Les travaux devraient être entrepris très prochainement.



formation professionnelle Réinsertion sociale et professionnelle

Programme MEDICAP dans les prisons malgaches
Alphabétisation : Toutes les prisons dont nous nous occupons sont maintenant dotées de cette formation permettant aux détenus volontaires d’essayer de mettre à profit ce temps qu’ils passent dans la prison pour acquérir un minimum de connaissances.

Les formateurs, tous détenus, sont encouragés à prodiguer cette formation par une indemnité qui leur est allouée par Médicap à condition qu’un minimum de 30 élèves participent à chaque cours.

Enseignement dispensé aux détenus des camps pénaux: Cet enseignement ne s’effectue que dans le jardin pénal de Farafangana.

Il est cependant prévu que, dans tous les camps pénaux, une formation de ce type sera mise en place.




Perspectives d'avenir Ateliers de formation professionnelle


Ateliers Femmes : Programme MEDICAP dans les prisons malgaches

A Mananjary, ce sont les Sœurs qui s’occupent de cette formation.
A Fort-Dauphin, c’est l’A.C.P. qui encourage ce travail.
A Manakara et à Farafafangana, des nattes sont fabriquées pour les détenus malades ou en difficulté payées par Médicap.
A Ambatondrazaka et à Vatomandry, des ateliers de ce type devraient être mis en place.
A Tamatave, compte tenu du départ de Sœur Jeanne d’Arc, ces activités ne pourront reprendre qu’à partir du mois d’août prochain.
A Moramanga, compte tenu de l’exiguïté de la prison, il n’est pas possible de créer cette activité pour l’instant.

Ateliers Hommes :
Programme MEDICAP dans les prisons malgaches
Forge : Tous les ateliers de forge des prisons qui en ont été dotées fonctionnent bien. A Farafangana, les élèves demandent une amélioration des pécules qui leur sont accordés.

Menuiserie : Les ateliers de forge et de menuiserie fonctionnent normalement à Farafangana, Manakara et Mananjary.
A Fort-Dauphin, l’Aumônier Catholique de la prison devrait créer prochainement un atelier.

A Ambatondrazaka, Vatomandry et Tamatave, des ateliers de ce type seront créés au cours du premier semestre 2007.



effectifs des quatre prisons au 31/07/2004 Perspectives d'avenir et conclusion

Programme MEDICAP dans les prisons malgaches Sous la pression de certains acteurs, l’Union Européenne et le CICR, l’opinion publique malgache et les organisations humanitaires, le gouvernement a pris conscience des problèmes induits par la lenteur des procédures judiciaires, notamment en terme de surpopulation carcérale particulièrement pour les prévenus. Des mesures concrètes ont été prises afin notamment d’accélérer les jugements qui se traduisent par une diminution significative des effectifs carcéraux.

En effet, fin juin 2006, l’effectif était de 4267 détenus pour les 8 prisons alors qu’il n’est plus que de 3718 fin décembre soit une diminution de près de 13%. Pour mémoire, il était de 4 851 détenus à fin décembre 2005.
La conséquence de ce constat parait évidente : presque 40% en moins de décès en valeur absolue (19 au lieu de 30) avec malgré tout un pourcentage équivalent de malnutris

Grâce à la dernière réélection présidentielle récente, on peut espérer de nombreuses remises de peine qui devraient permettre une diminution encore plus significative des effectifs.

bas de page Effectifs des huit prisons au 30/12/2006



VILLES Répartition des effectifs
à l'intérieur de chaque prison
TOTAUX
  EXT Total
Inter.
Hommes Femmes Mineurs Enfants
Bébés
 
Ambatondrazaka 263 590 801 35 14 3 853
Moramanga 20 244 241 13 9 1 264
Fort-Dauphin 81 249 298 10 21 1 330
Farafangana 271 287 546 6 5 1 558
Manakara 100 226 297 9 16 4 326
Mananjary 168 141 296 7 5 1 309
Tamatave 83 780 787 45 27 4 863
Vatomandry 160 55 203 9 3 0 215

TOTAL

1146 2572 3469 134 100 15 3718




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