Rapport MEDICAP juin 2007
Gérard Fayette - Fidolin ANDRIANASOLO

action de santé action Médicap dans les prisons malgaches
Les actions entreprises
dans les prisons du Sud-Est de Madagascar
janvier 2007 à juin 2007



Programme Médicap dans les prisons malgaches Au cours de ce premier semestre 2007, nos efforts ont été principalement orientés sur la pérennisation des actions entreprises depuis un an, principalement bien sûr dans le domaine de la santé et de la formation des détenus. Des réflexions sont en cours pour continuer à améliorer la situation de dénutrition toujours omniprésente dans les prisons, ainsi qu’une amélioration de notre communication pour mieux faire connaître les besoins de la population carcérale dont nous nous occupons. Un grand merci à tous ceux, associations et amis bénévoles de Médicap qui nous ont aidé dans ces derniers mois de travail.

Une pensée amicale et émue aussi pour Sœur VINCENT qui a œuvré jusqu’au dernier jour de sa vie à la prison de Manakara. Son départ a fait un grand vide dans le cœur des détenus et de tous ceux qui ont eu le bonheur de la connaître et de travailler avec elle, selon une approche parfois originale mais toujours empreinte d’amour et de charité.



réinsertion sociale et professionnelle Comités de Soutien aux Prisonniers

Sous l’impulsion de Jean-Claude Rakoto, à ce jour, sept comités se sont constitués formellement : Ambatondrazaka, Moramanga, Vatomandry, Tamatave, Farafangana, Manakara, Mananjary.
Nous rappelons ici que la vocation de ces comités est de responsabiliser et de faire participer la société civile malgache aux efforts d’amélioration des conditions de détention ainsi qu’à la réinsertion sociale des détenus.
Programme Médicap dans les prisons malgaches
Inutile de dire que si ce projet emporte l’adhésion du Ministère de la Justice et de beaucoup de bonnes volontés, il nécessite un suivi précis de notre part pour éviter les erreurs d’orientation ou d’interprétation.
Un recadrage a du être fait ces dernières semaines pour faire comprendre à ces comités qu’ils doivent avoir pour vocation primordiale, non pas de coûteux programmes de réhabilitation, mais une aide concrète aux détenus dans le domaine de la formation, de la réinsertion sociale et de l’aide juridique.

A terme, les Comités doivent prendre la responsabilité d’un certain nombre d’ateliers, en particulier d’alphabétisation, selon des modalités de fonctionnement fixées par Médicap qui remboursera sur justificatifs et en fonction d’un budget établi. La même démarche est en cours pour les ateliers « professionnels » de forge, menuiserie, vannerie, broderie.

Dans le domaine juridique, où là aussi les Comités devront prendre le relais, nous aurons le plaisir d’accueillir en juillet, pour 6 mois, Morgane DELSAUX, juriste de droit international, qui effectuera son stage de Master II sur le sujet de la détention préventive. Il est prévu qu’elle forme dans chaque Comité plusieurs personnes sur la manière d’apporter aux détenus, en particulier les prévenus, la meilleure aide pour résoudre les situations anormales. Ce sera une tâche délicate et difficile mais nous comptons beaucoup sur cette mission pour permettre un meilleur traitement des dossiers et donc une diminution du nombre de prévenus anormalement présents à l’effectif..

Rappelons enfin que nous avons encore souvent des difficultés à faire respecter la norme de l’hébergement des mineurs, pendant la nuit, dans une chambre séparée des dortoirs des détenus adultes. Nous nous y employons constamment en faisant si nécessaire intervenir les directions régionales de l’Administration Pénitentiaire.



Perspectives d'avenir Mission d'Odile Mougin et Sylvie Nicoulin de SOS Enfants

Programme Médicap dans les prisons malgaches En janvier et février 2007, Odile Mougin, infirmière, et Sylvie Nicoulin, toutes deux membres de SOS Enfants, se sont dépensées sans compter dans les quatre prisons de l’Est, continuant le travail effectué par Liliane Bonnet à Tamatave, pour former et motiver les infirmiers pénitentiaires, mettre en route un atelier d’alphabétisation à Ambatondrazaka et à Moramanga, aider à la mise en place des Comités de Soutien. C’est ainsi que nous allons pérenniser leurs actions en cherchant le financement nécessaire à la création d’une salle d’alphabétisation à Moramanga, d’un atelier de menuiserie pour la prison et d’un atelier de forge pour la ville d’Ambatondrazaka.

Sylvie Nicoulin devrait revenir en octobre 2007 pour poursuivre ces actions en direction de la réinsertion. Liliane Bonnet reviendra elle aussi en fin d’année pour continuer son travail, notamment de formation des personnels infirmiers. Nous les remercions toutes chaleureusement de leur engagement.



réinsertion sociale et professionnelle Prise en charge d'une neuvième prison

Sur la demande de bénévoles locaux, qui se constitueront sans doute prochainement en Comité de Soutien au second semestre 2007, nous avons accepté de prendre en charge cette neuvième prison située à 60 kilomètres de Tana. L’effectif est de 279 détenus. Deux facteurs rendent la situation des détenus particulièrement difficile : d’une part les conditions climatiques (en saison sèche, le thermomètre descend à zéro dans cette région des hauts plateaux, et il pleut beaucoup) d’autre part le manque criant de bois de cuisson qui restreint considérablement la quantité de nourriture servie aux détenus.
Programme Médicap dans les prisons malgaches
Deux ateliers d’alphabétisation (hommes et femmes) ont été démarrés en collaboration avec les Frères du Sacré Cœur. Malheureusement, si le quartier des femmes est suffisant, il n’existe aucun abri couvert disponible pour assurer les cours des hommes. Un projet devra être mis à l’étude pour pérenniser l’alphabétisation et éventuellement d’autres activités de formation.

Dans le domaine de la santé, nous avons confié la garde et la gestion du stock de médicaments aux Frères du Sacré Cœur, aidés par les Sœurs du Christ. Une jeune femme médecin de la ville, le Docteur LYS s’est engagée à assurer bénévolement chaque mercredi, une permanence de consultations médicales, de telle sorte que le travail du Dr Fidolin soit allégé.



Assainissement des conditions de détention Action au niveau de la santé


Programme Médicap dans les prisons malgaches L’amélioration de l’état de santé des détenus et son maintien à un niveau correct constituent toujours nos priorités. Nous nous félicitons de l’embauche fin avril, en remplacement du Dr Elia, démissionnaire, du Dr Voahangy. Compétente et à l’écoute, elle assume les consultations et les soins médicaux dans les 3 prisons du Sud Est. Elle se forme également aux techniques des extractions dentaires. Cette formation sera complétée par une formation aux soins réparateurs dispensée par une équipe de dentistes et stomatologues français qui viendront en octobre sur place.

Nous profitons du présent rapport pour remercier toutes les associations qui nous ont fourni les médicaments arrivés par le container de mars, Tulipe, Enfants d’Ici et d’Ailleurs, SOS Enfants, Dominique Voltz. Nous rappelons que dans toutes les prisons où nous intervenons, pour des raisons de sécurité, les stocks de médicaments sont confiés aux organisations religieuses présentes, seules garantes de leur pérennité. A Manakara, suite au décès de Sœur Vincent et à son non–remplacement, en tous cas pour le moment, nous avons choisi de travailler avec l’organisation protestante FJKM.

Malnutrition :

Le grave problème de la malnutrition reste malgré tout omniprésent. Nous pouvons l’appréhender de manière précise grâce aux statistiques de BMI (Indice de Masse Corporelle) tenues dans chaque infirmerie. Pour le résoudre, nous nous employons de manière permanente à rappeler aux Chefs d’Etablissement que la ration journalière de chaque détenu doit être au minimum de 500 g/jour, ce qui n’est pas le cas partout ou d’une manière régulière.
Programme Médicap dans les prisons malgaches
L’administration de compléments alimentaires sous forme d’extraits foliaires de luzerne à ces personnes souffrant de malnutrition est systématique et donne des résultats satisfaisants pour autant que la ration minimum quotidienne soit atteinte.

Ces extraits foliaires de luzerne produits en France nous sont fournis par Enfants d’ici et d’ailleurs que nous remercions vivement. Néanmoins ils présentent deux inconvénients du fait de leur importation : ils risquent dans l’avenir de supporter de lourds droits de douane, et ils n’engagent pas de processus d’autosuffisance.

Notre idée de produire localement de la spiruline, autre complément alimentaire, est toujours en cours. Néanmoins, compte tenu de la relative complexité du processus de fabrication, nous n’avons pas encore réuni les conditions matérielles et logistiques nécessaires à une implantation réussie. Nous espérons pouvoir faire aboutir ce projet d’ici fin 2007, avec l’aide de SOS Enfants et de Dominique VOLTZ .

Ci-dessous, au 30 juin 2007 par prison, le nombre des détenus dont le BMI est égal ou inférieur à 18,5 recevant un complément alimentaire sous forme d’extraits foliaires de luzerne.

PrisonsEffectifBMI %
Moramanga
Ambatondrazaka
Tamatave
Vatomandry
Ambatolampy
Mananjary
Manakara
Farafangana
Fort-Dauphin
244
987
973
254
279
411
390
475
276
88
128
147
24
32
66
32
73
43
36,07
12,97
15,11
9,45
11,47
16,06
8,21
15,37
15,58
TOTAL428957613,43

Une bonne amélioration est constatée sur ce premier semestre puisque, sur le semestre précédent, nous avions : Effectif : 3718 ; BMI à risque : 570 et un pourcentage de 15,33 %.



formation professionnelle Réinsertion sociale et professionnelle

Programme Médicap dans les prisons malgaches
Alphabétisation : Grâce à l’impulsion d’Odile et de Sylvie, les prisons de l’Est sont dorénavant opérationnelles concernant cette formation sachant que dans toutes les autres prisons, elles fonctionnent correctement. Les formateurs sont en général d’anciens instituteurs, motivés par cette possibilité d’exercer leur métier. Ils sont rémunérés par Médicap.

Néanmoins, de sérieuses améliorations matérielles sont souhaitables : locaux couverts, comme par exemple pour Ambatondrazaka ou Ambatolampy, aménagement d’un local pour l’atelier de forge de la ville d’Ambatondrazaka, ainsi que des tables et des bancs dont certaines prisons sont encore dépourvues.

Nous souhaitons confier aux Comités de Soutien toute la gestion de l’alphabétisation ainsi que tous les ateliers permettant une véritable prise en charge de leur part.
C’est déjà le cas pour Ambatondrazaka, Tamatave et Vatomandry. Dans les semaines qui viennent, ce seront les villes de Mananjary, Manakara et Farafangana pour lesquelles les comités seront sollicités afin que tous les ateliers soient dorénavant assumés par eux.



Perspectives d'avenir Ateliers de formation professionnelle


Ateliers Femmes : Programme Médicap dans les prisons malgaches Dans chaque prison où c’est possible, un atelier de vannerie et un autre de broderie fonctionnent.
L'atelier de vannerie permet de fabriquer des nattes distribuées aux détenus malades et faibles qui n’ont aucun moyen d’en acheter.

Mananjary : Un atelier de vannerie et de broderie fonctionne sous la direction de Sœur Simone..
Manakara : L’atelier de vannerie a été remis en route car la Sœur Vincent n’étant plus là, c’est maintenant Sœur Marie-Odette qui s’en occupe avant que le Comité local le prenne en charge.
Farafangana : Un atelier de vannerie fonctionne bien, il sera pris en charge dans les semaines qui viennent par le Comité de Soutien.
Tamatave : Soeur Marie-Odette va à nouveau relancer la couture dès le mois de juillet grâce aux machines à coudre laissées par Sœur Jeanne d’Arc.
Vatomandry : Un atelier de vannerie a été mis en route sous la responsabilité du Comité de Soutien.
Fort-Dauphin : Du fait de l’éloignement, nous nous chargeons uniquement de la santé au niveau de cette prison, avec une visite tous les 4 mois. Nous ne pouvons que suivre les ateliers pris en charge par le Père Santa Maria sur place.
Ambatondrazaka : Le Comité de Soutien sur place devrait pouvoir démarrer un atelier.
Ambatolampy : Un Comité de Soutien devrait être bientôt créé, permettant ainsi de s’occuper de la formation.

Ateliers Hommes :
Programme Médicap dans les prisons malgaches
Les ateliers de forge et de menuiserie fonctionnent normalement à Farafangana, Manakara, Tamatave. Les apprentis sont formés par des détenus spécialistes ou par des professionnels comme la famille de forgerons GUERA et BERA.

Médicap rémunère les enseignants et participe aux frais d’achat de matières premières nécessaires (charbon et ferrailles). Les outils produits, en particulier des angady (pelles), sont destinées aux jardins et camps pénaux. Certains détenus choisis pour leurs compétences de spécialistes forment trois à quatre apprentis par atelier rémunérés par Médicap.

Mananjary : L’atelier de menuiserie a été relancé sous l’égide de Sœur Florine. La forge est en sommeil, faute de formateurs.
Ambatondrazaka : Un atelier de menuiserie devrait naître dans les prochains jours et par ailleurs, il existe un projet d’atelier de forge pour la ville pour lequel nous allons chercher le financement.

Les Comités de Soutien devraient petit à petit prendre en charge ces ateliers.
Les prisons de Vatomandry, Moramanga et Ambatolampy n’ont pas encore d’ateliers pour les hommes pour le moment.



effectifs des quatre prisons au 31/07/2004 Perspectives d'avenir et conclusion

Programme Médicap dans les prisons malgaches Malgré tous nos efforts, les réalisations du premier semestre n’ont pas été aussi rapides qu’espérées. La mise en place des Comités de Soutien s’est avérée plus longue que prévue.

Cependant, au vu des dernières missions au cours desquelles trois Comités se sont engagés concrètement, nous sommes certains maintenant que les autres Comités sauront comprendre leur véritable vocation en s’engageant dans tous les domaines, particulièrement au niveau de l’alphabétisation et de la réinsertion, et nous misons beaucoup sur la proximité et les compétences de ces Comités de Soutien pour en accélérer le processus.

Le développement des activités de formation et de réinsertion se poursuit donc logiquement et, comme indiqué plus haut, nous avons identifié plusieurs projets que nous soumettrons à nos bailleurs de fonds pour étude en espérant trouver auprès d’eux les moyens nécessaires à la poursuite de nos actions dans ces deux domaines prioritaires.




bas de page Effectifs des neuf prisons au 30/06/2007


Malgré les efforts de la Justice afin d’accélérer les procédures, on constate une augmentation des effectifs dans les grosses prisons et une légère baisse dans les autres.

Nous avons fait apparaître cette fois-ci, par prison, le nombre des condamnés et surtout le nombre des prévenus. On constate que 1845 détenus ne sont pas jugés sur une population totale de 4289, soit 43 %, ce qui est une réelle amélioration par rapport à ce que nous avions connu il y a moins de deux ans dont le pourcentage oscillait entre 60 et 70 %. C’est bien dans ce cadre que Morgane, notre stagiaire qui viendra passer six mois à Madagascar, tentera de cerner et d’améliorer ce grave problème.


VILLESRépartition des effectifs
à l'intérieur de chaque prison
TOTAUX
  EXT Total
Inter.
Hommes Femmes Mineurs Condamnés Prévenus Autres * Enfants
Bébés **
 
Ambatondrazaka 259 728 943 35 9 602 326 53 4 987
Moramanga 13 231 221 14 9 130 91 29 0 244
Tamatave 139 834 885 57 31 441 491 41 6 973
Vatomandry 83 171 235 13 6 105 128 21 2 254
Ambatolampy 23 256 266 9 4 132 116 31 0 279
Mananjary 139 272 388 9 14 214 178 19 1 411
Manakara 136 254 366 7 17 208 163 19 0 390
Farafangana 228 247 461 12 2 167 308 0 6 475
Fort-Dauphin 69 207 263 7 6 186 44 46 2 276

TOTAL

1089 3200 4028 163 98 2185 1845 259 21 4289

* Autres : cassations, appelants, opposants.
** Les enfants et les bébés ne sont pas comptabilisés dans le registre des établissements pénitentiaires.





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